La neurosémiotique

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mythologique

Dans un discours de vérité, la pensée discursive tend à subordonner l’opinion à la preuve, donc l’image au concept, mais la pensée holistique, poussée par le désir de croire, contourne cette hiérarchisation et permet à l’image de prendre la forme d’un concept ou de l’assimiler. Le mythe est le «raccourci» que prend la pensée pour susciter la production de signes d’existence (émotions), une activité cervicale dont la première opération est la suspension de la vérification. L’énonciation d’une vérité non vérifiée à laquelle on peut adhérer pleinement, c’est-à-dire corps et âme, subordonne ainsi la fonction démonstrative à la fonction illustrative. La propension de l’hémisphère gauche à inférer fait du mythe l’outil logique le plus usité.

Lorsque la pensée discursive, pour éviter la dissémination sémantique de l’iconicité analogique, ramène l’image à un concept, la production de signes est allégorique, la fonction illustrative y est subordonnée à la fonction démonstrative. L’allégorie ramène les signes d’existence à des signes d’essence.

Au niveau mythologique, les différentes croyances qui emportent l’adhésion émotive du sujet pensant reflètent les différentes structures de la pensée, c’est à dire les différentes hiérarchisations des modes de pensée.

Les récits mythiques organisent les différents mythes en hiérarchies : l’originalité domine le récit mythique d’Hercule et de Pénélope; la réciprocité celui de Narcisse et de Psyché; l’indifférenciation celui d’Œdipe et d’Ariane; et l’hérédité celui d’Ulysse et de Pandore.

Tout assemblage de mythes en séquence ordonnée incite la pensée à préparer, par la voie des émotions ou celle des idées, un plaisir particulier. En ce sens, l’art est utile à la pensée. Le style de l’artiste cherche une complémentarité essentielle dans l’esthétique de l’usager.

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