La neurosémiotique

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logique

La pensée de l’hémisphère gauche, spécialisée dans la symbolisation et la démonstration (la preuve (pistis) d’Aristote), qui produit donc des signes apodictiques, est une pensée discursive, qui agit différemment selon qu’elle mette en jeu, comme un circuit fermé, uniquement des signes d’essence : la pensée analytique, ou un ensemble hétérogène de signes d’existence et de signes d’essence : la pensée réflexive.

Dans la pensée analytique, où le symbole est le signe principal, l’iconicité ne joue qu’un rôle grammatical, elle sert à réduire le nombre d'interprétants de manière à pouvoir produire le concept, alors qu’elle acquiert, dans la pensée réflexive, une fonction sémantique qui intègre la fonction grammaticale. Comme un anti-chambre, un lieu/lien par lequel la pensée analytique et la pensée somatique, qui n'ont pas de signes en commun, peuvent communiquer par l'intermédiaire de la relation permanente ou le lien privilégié entre la pensée réflexive et la pensée imaginative.

La pensée dont les principaux centres d'association sont situés dans l’hémisphère droit est spécialisée, pour sa part, dans l’indexicalisation et l’illustration (l’opinion (gnômê) d’Aristote). La pensée holistique produit donc des signes apophantiques différemment selon qu’elle mette en jeu uniquement des signes où l’indexicalité est le trait dominant, des signes d’existence, la pensée somatique, ou une combinaison de signes d’essence et de signes d’existence, la pensée imaginative, où l’iconicité instaurative joue le rôle principal.

Les quatre modes de la pensée recouvrent les « parties » de la personne telles que les décrit la psychologie : le Moi est le produit de la pensée analytique; le Sur-Moi, celui de la pensée imaginative; le Ça correspond à la pensée somatique et la conscience de soi à la pensée réflexive. La psychosémiotique et la neurosémiotique définiront donc conjointement le Moi comme un ensemble symbolique, le Sur-Moi comme l’indexicalisation de cet ensemble symbolique, le Ça comme la production d’indices et la conscience de soi comme la symbolisation des indices mentaux.

La sémiotique de la pensée nous permet donc d’établir des liens entre le fonctionnement de la pensée individuelle (dianoia) et le fonctionnement de la pensée collective (idéologie). Considérant les émotions comme des indices produits par la pensée holistique, la sémiotique de la pensée rend inévitable la conversion de la psychologie en une psychosémiotique.

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